Caroline Baugniet

Caroline Baugniet

Êtes-vous fier d’être camionneuse ? Qu’est-ce qui rend votre travail si unique ?

Travailler avec des camions, c’est pour moi déjà unique en soi. L’avantage de ce travail de chauffeur de nuit est que je peux le combiner avec ma vie de famille et mon activité complémentaire (soins aux animaux). C’est difficile à trouver dans ce secteur. Je travaille 12 h par nuit, et j’ai presque toujours le même horaire.
Le « chauffeur le plus passionné » est évidemment un chauffeur très motivé. Quel est l’ingrédient secret de votre enthousiasme au quotidien ?

En un mot, c’est le BIEN-ÊTRE. Ce qui veut finalement tout dire. Jouissance, détente et paix intérieure, vitalité, ouverture, confiance en soi, en phase avec soi-même !
Le « chauffeur le plus passionné » est par définition aussi un chauffeur attentif à la sécurité routière. Comment réalisez-vous cela en pratique ?

Le terme de « chauffeur » n’a plus vraiment lieu d’être. Notre travail implique bien plus que le simple fait de se déplacer d’un point A à un point B. Outre la conduite, nous assumons aussi des tâches administratives, l’arrimage des marchandises transportées, le contrôle technique de notre camion, l’analyse de l’itinéraire avant le départ... Nous devons également tenir compte des conditions météorologiques. Nous devons examiner tout cela avant de partir. C’est vraiment une fonction variable. Nous vérifions aussi dans quel état nous sommes. Si nous sommes bien reposés, nous sommes nourris sainement, et ne prenons pas la route en étant stressés, par exemple à la suite du décès d’un membre de la famille, d’une querelle à la maison ou avec les voisins... Il est important de se sentir bien, psychologiquement, pour prendre le volant. Comme je le dis pour les chevaux : « If you climb into the saddle be ready for the ride. » Autrement dit, quand on s’installe au volant, il faut être prêt à prendre la route. En tant que chauffeur, vous ne savez pas ce qui vous attend.

Une fois en chemin, nous sommes aussi confrontés à des obstacles. Dans ce cadre, nous devons adopter une conduite écologique. Les réactions sont vives lorsque nous abordons cet aspect des choses, parce que tout le monde pense que nous le faisons avant tout pour le portefeuille des patrons. Ce n’est pourtant pas vrai du tout. Nous le faisons pour nous-mêmes. Nous sommes plus calmes dans la circulation, nous sommes très prévoyants et sommes dès lors à même d’éviter des situations dangereuses. Je veux surtout parler de courtoisie et du fait d’allonger les distances de sécurité. La technologie nous aide beaucoup également. Des fonctions telles que l’ACC et le PCC, de même que l’ABS et l’AEBS, nous aident en cas de manœuvres compliquées à effectuer sur la route. Le « code 95 », introduit depuis peu, permet également de réduire sensiblement le nombre d’accidents de la route. Je tiens compte de tout cela. Et chaque fois que des nouveautés apparaissent, je suis toujours disposé à suivre une nouvelle formation.
En tant que camionneur, vous avez un travail fantastique, et varié. À quel événement unique avez-vous déjà participé ? Avez-vous déjà eu l’occasion de montrer, d’une manière exceptionnelle, la passion que vous avez pour votre métier ?

Il y a exactement 10 ans, j’ai participé au concours « Wie wordt er vrachtwagenchauffeur van het jaar ». Il s’agissait pour moi d’un défi ultime. Ce jour-là, j’ai conduit mon collègue à la maison, alors que j’avais encore peu d’expérience. Aujourd’hui, nous en rions encore. Nous sommes collègues dans l’âme, et trouvons l’un chez l’autre un soutien indéfectible. Cette opportunité m’a fait grandir. J’ai terminé à la deuxième place. Durant mes jeunes années, j’ai essayé de m’atteler à la santé des chauffeurs. Aujourd’hui, je vois bien qu’il y a une amélioration

De même, « De trucker met een hart voor de mindervalide » est une initiative dont je me réjouis toujours. Chacun devrait avoir l’opportunité de vivre une telle expérience, une fois dans sa vie. Faire un geste en retour pour la société, de manière ludique. Rien n’est plus agréable que de pouvoir déclarer : « j’étais aux côtés d’une camionneuse professionnelle qui me guidait dans la conduite d’un camion gigantesque ;-) et qui attirait mon attention sur les dangers de la route lorsqu’on est au volant d’un tel mastodonte. »
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