Interview Griet

« Les plus beaux moments sont ceux qu’on n’attend pas, ces rencontres spontanées avec des personnes qu’on croise sur la route. »

Cela fait peut-être cliché, mais quand on pense chauffeur routier, on s’imagine directement un homme. Pourtant, les femmes sont assez bien représentées dans le secteur. Griet en fait partie.

Renault AE Magnum jaune

Enfant, Griet rêvait déjà de conduire un camion sur les routes belges et même à l’étranger. Ce qu’elle apprécie dans son métier de chauffeur routier, c’est une certaine marge de manœuvre dans la planification du travail, la liberté et l’aventure sur la route. « C’est plutôt chic de conduire et manœuvrer son camion », dit-elle fièrement. La première fois qu’elle s’est trouvée au volant d’un tel engin, elle en a eu des frissons.

« C’est plutôt chic de conduire et manœuvrer son camion. »

Sa passion des poids lourds n’a fait que grandir au fil des ans. Griet aimait aller avec ses parents au salon de l’auto à Bruxelles. Elle était pleine d’admiration devant les voitures et les motos, mais aussi et surtout devant les camions. C’est à son 16e anniversaire qu’elle a su : « Un jour, je serai chauffeur routier ! » Sur un parking en France, en route pour un lieu de villégiature en Espagne, elle a vu un Renault AE Magnum jaune. Elle est tombée sous le charme.

Espace et liberté

Avant d’entamer sa carrière de rêve en tant que chauffeur, Griet a cependant fait des études d’enseignement primaire. Après ses études, elle a enseigné dans l’école où elle avait fait ses maternelles et ses primaires, mais elle se sentait ‘à l’étroit’ dans l’enseignement. Elle avait de plus en plus besoin d’espace et de liberté. Après une longue hésitation et quelques ‘errances’, elle a décidé de réaliser son rêve.

En juin 2016, Griet a obtenu son permis CE via Qrios à Genk. La formation a duré une année scolaire, deux soirs par semaine et le samedi, pour la théorie et la pratique. Outre le code de la route et la qualification professionnelle, elle a été formée en transport ADR, en langues et en technique. Cette formation complète l’a bien préparée au métier. Cerise sur le gâteau, elle a pu tout mettre en pratique dans une mission de transport international, qu’elle a présenté à un jury.

Compte tenu des temps de conduite et de repos, des codes de la route internationaux et de l’itinéraire. Elle a accordé une attention particulière à toutes ces choses qui sont essentielles durant l’exercice du métier.

Les plus beaux moments sont ceux qu’on n’attend pas, les rencontres spontanées.

Griet a choisi le transport international. Elle part le lundi matin et revient à la maison le vendredi soir. Sa maison, c’est la cabine de son camion. Elle dispose de tout le nécessaire pour manger, dormir et se rafraîchir. Le week-end, elle le passe dans sa deuxième maison. Outre les préparatifs de la semaine de travail qui suit, elle en profite pour ne rien faire ou pour entretenir ses contacts sociaux.

Il faut une bonne part d’indépendance pour passer toute la semaine sur la route. « Il faut pouvoir tirer son plan, oser aller vers les gens quand on ne trouve pas directement quelque chose et surtout rester calme vis-à-vis du comportement des autres usagers de la route », explique-t-elle. Les plus beaux moments sont ceux qu’on n’attend pas, ces rencontres spontanées avec des personnes qu’on croise sur la route. Certains clients sont particulièrement hospitaliers et proposent de manger dans leur famille. Ces contacts rendent le métier de chauffeur routier vraiment spécial ! »

Il faut pouvoir tirer son plan, oser aller vers les gens quand on ne trouve pas directement quelque chose et surtout rester calme vis-à-vis du comportement des autres usagers de la route.

Blagues foireuses

Griet ne se sent pas mal à l’aide dans cet univers essentiellement masculin. Au contraire même, les hommes viennent plus vite à son aide ou ‘pensent’ qu’elle a besoin d’aide. Jusqu’à ce qu’ils se rendent compte que Griet sait ce qu’elle fait. « Cela dépend beaucoup de l’attitude qu’on adopte », explique-t-elle. Griet peut comme ses collègues masculins rire de blagues foireuses, mais elle peut aussi être à l’écoute ou avoir une conversation sérieuse. « L’essentiel, c’est de rester soi-même », c’est son conseil aux candidates féminines.

L’essentiel, c’est de rester soi-même

Enfin, pour ceux qui ont encore des doutes : si votre rêve est de devenir chauffeur routier, n’hésitez pas, foncez !

Choisissez le type de transport qui vous intéresse, national ou international, et les marchandises que vous voulez transporter. Le secteur est très diversifié et offre une foule de possibilités. Une fois que vous aurez votre permis, profitez du paysage sur la route, du contact avec les gens et des discussions ou des blagues entre collègues !